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L'ALGUE D'OR présente au FORUM

6. août, 2020
FORUM DES ACTIVITES DE SAINT-BRIAC
L'Algue d'Or sera présente au FORUM DES ACTIVITES SPORTIVES,CULTURELLES ET LUDIQUES de SAINT-BRIAC, le vendredi 4 septembre de 16 h 30 à 19 heures. Nous espérons vous rencontrer à notre stand !

Chers amis et visiteurs,

Notre PRIX 2020 est décerné à ...

 

Le roman choisi par notre Jury en parfaite convergence avec la grande majorité des "coups de coeur" reçus !

 

 

 

 

 

LE MESSAGE D'AKIRA MIZUNAYASHI

L'auteur du roman lauréat nous a fait parvenir un message que nous vous livrons maintenant ...

« Je viens d’apprendre que vous avez décidé de me décerner votre Prix pour Âme brisée. Quelle agréable surprise, quelle grande joie !

Âme brisée est né d’une proposition heureuse de mon éditeur Jean-Marie Laclavetine. Celui-ci m’a demandé en septembre 2017 si je ne voulais pas participer à un ouvrage collectif qu’il préparait alors sur la fin de la Grande Guerre et qui existe aujourd’hui sous le titre d’Armistice publié aux éditions Gallimard. Je lui ai répondu tout de suite favorablement sans savoir exactement dans quelle aventure je m’engageais. Dès mon retour à Tokyo, car je vis à Tokyo, j’ai commencé à travailler sur le thème de la guerre et, en particulier, sur les bouleversements et les fêlures provoquées dans l’imaginaire (littérature, peinture, musique) par la Grande Guerre. Le thème de la guerre a ravivé chez moi les souvenirs de mon père qui a douloureusement vécu la période de ce qu’on appelle au Japon la Guerre de quinze ans (de 1931 à 1945), une période sombre et tragique qui comprend à la fois l’incident de Mandchourie, la Guerre sino-japonaise et la Guerre du Pacifique

Au cours de mon travail de préparation pour Armistice, j’ai appris qu’on avait enregistré, le jour même de l’Armistice, c’est-à-dire le 11 novembre 1918, plus de 2700 morts et que le dernier soldat français tué, Augustin Trébuchon, était mort quelques minutes avant la fin des hostilités. Il venait d’apprendre que la guerre était finie ; il a sauté de joie ; il voulait partager cette bonne nouvelle avec ses camarades ; il est sorti de sa tranchée. Et il a reçu une balle dans la tête.

Une expression japonaise m’est alors revenue à l'esprit :  shindermoshinikirenoi qui veut dire quelque chose comme : « Je meurs, mais je ne pourrai pas aller jusqu’au bout de la mort ». L’idée de fantôme a ainsi surgi dans mon esprit. Elle m’a tout de suite rappelé l’image de ce qu’on appelle l’ombre de Hiroshima : cette personne qui s’est volatilisée dans la seconde au moment de l’explosion de la bombe atomique, en laissant une ombre noire gravée sur le sol comme seule preuve de son existence.

Dans la foulée, j’ai pensé aux fresques réalisées par le couple de peintres Iri et Toshi Maruki sur le désastre de Hiroshima. La première de la série achevée en 1950 s’intitule précisément Fantômes. Je suis allé la revoir au Musée Maruki à Higashimatsuyama dans la lointaine banlieue de Tokyo. Je suis allé ensuite à Hiroshima ; j’ai ainsi pensé aux fantômes innombrables de Hiroshima. Et c’est à Hiroshima que j’ai fini mon texte destiné à Armistice. Et c’est à Hiroshima et au moment où je mettais la dernière main à Shindemoshinikirenai  (c’est le titre de mon texte) que l’idée dÂme brisée est venue m’habiter soudainement. J’ai conçu, dans une fulgurance qui m’étonne encore, toute l’intrigue narrative.

Il n’y a presque rien d’autobiographique dans l’histoire que je raconte dans Âme brisée. Certes, il y a quelques éléments pris dans mon expérience personnelle ; on peut légitimement penser que je me projette dans le personnage de Rei dans la mesure où, d’une part, ma vie, comme celle de Rei, est divisée en deux parties, quoique d’une autre façon et où, d’autre part, je me suis construit comme Rei dans et par le français tout en conservant mes racines japonaises indéracinables. Mais la trame narrative, jusque dans les détails les plus ténus, relève de la fiction.

Je suis très heureux de savoir quÂme brisée a pu toucher votre cœur. Beethoven a placé en tête de la partition de Missa Solemnis un mot que j’aime et que je reprendrai volontiers à mon propre compte : Von Herzen-möge es wieder zu Herzen gehen (Venu du cœur ! Puisse-t-il retourner au cœur !). C’est d’ailleurs le mot que j’ai mis à l’ouverture de mon deuxième livre en français : Mélodie, chronique d’une passion. Je pourrai le mettre à l’ouverture de tous mes livres finalement.

Merci pour ce Prix qui m’honore et qui m’encourage à poursuivre mon chemin ».

LES AUTRES ROMANS LES PLUS APPRÉCIÉS ...

Comme chaque année nous vous faisons connaître aussi les autres livres de notre délection qui ont ont obtenu un grand succès de votre part ...

En 2020, il s'agit de : 

"Le Ghetto intérieur" de Santiago H.Amigorena (Argentine),

"Les petits de Décembre" de Kaouter Adimi (Algérie)

et "Maïmaî" de Aki Shimazaki (Canada-Japon). 

Vous observerez qu'il s'agit du premier livre d'un auteur latino-américain figurant dans notre sélection et de deux romans d'auteures déjà primées par L'Algue d'Or. 

RAPPEL DE NOS COMMENTAIRES DES QUATRE ROMANS EN TÊTE DE LISTE ...

ÂME BRISÉE d’Akira MIZUBAYASHI, Japon                       (Gallimard, 239 pages)  

À Tokyo, en 1938, Rei, un garçon de onze ans, assiste à la répétition d'un quatuor de musiciens amateurs à laquelle son père, Yu, le premier violon, l'a amené. Les autres artistes sont des étudiants chinois, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle l'expansion de l'Empire du Soleil levant est en train de plonger l'Asie. Soudain font irruption des militaires  japonais qui soupçonnent le groupe de comploter contre le pays sous le couvert de leur activité artistique. Le plus brutal d'entre eux, un caporal, écrase du pied le précieux instrument de Yu. Un lieutenant plus calme et manifestement mélomane, dont le nom se traduit par "Dieu noir" arrive, qui met fin à la violence et demande à Yu de jouer un morceau pour vérifier qu'il s'agit bien de musiciens. Il en est convaincu mais un ordre l'oblige à emmener les quatre interprètes au Quartier général. À l'arrivée des soldats, Yu avait eu le temps de cacher Rei dans une armoire. Cependant, le lieutenant, partant le dernier, a l'idée d'entrouvrir le meuble. Il y perçoit le garçon et lui glisse furtivement le violon brisé.

Rei ne reverra jamais son père. Il garde l'objet mutilé en souvenir de lui. Comme il a déjà perdu sa mère, c'est Philippe Maillard, un journaliste français ami de Yu et sa femme Isabelle, qui l'adoptent. Ils reviennent en France et Rei devient Jacques Maillard. Il choisit d'être luthier et de consacrer sa vie à la restauration d'instruments à cordes dont, au fil des années  celui, sacré, de son père. Lorsqu'il atteint la soixantaine, surviennent des rencontres inespérées et quasiment magiques.  Grâce à celles-ci, Rei Jacques peut enfin se réconcilier avec le souvenir de son drame familial et  trouver l'occasion de s'accomplir pleinement.

D'une grande délicatesse, le roman d’Akira Mizubayashi adopte une forme musicale, dans laquelle mots et phrases reviennent à la manière de leitmotivs ou de refrains. Chacune des quatre parties porte même le titre d'un mouvement : de "l'Allegro ma non troppo" à "l'Allegro moderato". Deux œuvres, de Schubert et de Bach, sous-tendent le récit qui, en même temps, nous en apprend sur la subtilité du violon, décrit comme un être vivant. L'âme brisée est à la fois celle de l'instrument, sa partie la plus fragile, celle du héros et celle d'autres personnages. Cette âme est celle des disparus qui semble toujours survivre. Dans sa finesse d'expression, elle reflète celle propre à la culture nippone. Enfin elle est celle du lecteur qui vibre d'une émotion intense jusqu'à la dernière page, fin de la partition. 

 

LE GHETTO INTÉRIEUR  de Santiago H. AMIGORENA, Argentine  (P.O.L, 191 pages) 

En 1920, le jeune juif polonais Wincenty joue un rôle important lors du conflit victorieux entre la Pologne et l’Union soviétique. Cependant, plutôt que d’en tirer profit pour mener une carrière d’officier qui s’annoncerait brillante, il préfère quitter bientôt la Pologne, supportant mal le climat  antisémite qu’il subit depuis sa jeunesse. De plus, il a envie de s’écarter d’une mère un peu étouffante.  En 1928, Wincenty est en Argentine où il est devenu Vincente. Il épouse Rosita, elle aussi issue d’une famille juive exilée des années auparavant. De plus en plus, il se sent argentin. Il passe quand même tous les jours un moment avec des amis juifs, dont un de ses anciens compagnons d’armes. Il a promis aux siens de les faire venir, mais y tient-il vraiment ? Les années passent et il s’éloigne de plus en plus des membres de sa famille presque tous restés à Varsovie. Ce n’est que lorsque la situation s’aggrave en Europe, dont les échos parviennent avec retard en Argentine, que les échanges épistolaires reprennent tant bien que mal avec sa mère, aussi longtemps que cela reste possible.

Le roman nous en apprend beaucoup sur la genèse de la « solution finale » décidée par les nazis en même temps qu’il analyse la montée en puissance des états d’âme de Vicente, de plus en plus hanté par le remords de ne pas avoir tout fait pour secourir sa génitrice dont il comprend, par étapes, qu’elle a pu être déportée et exterminée. Complètement perturbé, il s’isole intérieurement, ne trouvant refuge que dans sa boutique et dans le jeu auquel il semble comme prendre plaisir à perdre chaque soir. Malgré l’amour de Rosita et la tendresse de leurs enfants, il se mure progressivement dans le silence.

La force du récit, remarquablement écrit, réside avant tout dans la mise en lumière de cette tension intérieure grandissante qui bouleverse le protagoniste. Elle montre aussi au lecteur comment de très loin a pu être progressivement perçu et vécu le plus grand drame du XXème siècle. 

 

LES PETITS DE DÉCEMBRE de Kaouther ADIMI, Algérie (Seuil, 248 pages)  

En 2016, à Dely Brahim, une petite commune de l'Ouest d'Alger, dans la cité dite du 11-Décembre, des enfants ont fait d'un terrain vague que la boue rend souvent à peine praticable leur domaine de jeu. Ils y disputent des matches de football. Ce domaine leur appartient. Mais voici que deux généraux en ont fait légalement l'acquisition pour y construire leurs habitations. Les enfants n'acceptent pas la dépossession qui se prépare et ils osent s'en prendre physiquement aux officiers supérieurs quand ceux-ci se rendent sur les lieux. Les parents sont morts d'inquiétude. Un seul des gamins, fils de colonel en retraite, est capturé par la police. Il est relâché parce que son père est le leader d'un parti d'opposition mais il est menacé de poursuites. L'aventure ne fait que commencer car les insurgés vont se mobiliser, appeler d'autres jeunes de leur âge en renfort et s'obstiner au-delà de tout ce qu'il est permis d'imaginer. Le pouvoir est très embarrassé car s'en prendre par la force à des enfants risquerait de provoquer des soulèvements.

L'audace des petits révèle qu'eux seuls sont capables de se dresser frontalement contre l'autorité. L'auteure livre à travers cet épisode métaphorique sa vision d'une Algérie qui n'a jamais connu la liberté espérée malgré son accès à l'indépendance. On y rencontre d'anciens militaires opposants au régime qui rêveraient de le renverser mais pensent leur heure passée, une vieille folle aux allures de sorcière qui soutient les enfants, comme une ancienne moudjahida, intouchable parce qu'elle a pris part à la lutte de libération contre le colonisateur.

Au-delà d'une révolte imaginaire pour un enjeu qui a valeur de symbole, l'Algérie telle que la dépeint l'écrivaine, s'est installée dans la corruption, l'arbitraire, la suspicion et surtout la peur, une peur qui domine tous les rapports. C'est parce qu'ils sont libres de toute allégeance et sans doute un peu naïfs que les enfants n'y succombent pas. Ils s'obstinent, soutenus par les réseaux sociaux qui font largement écho à leur combat et une aide matérielle que des adultes finissent par leur apporter. Nous retrouvons le talent littéraire de Kaouther Adimi, notre lauréate du Prix 2018 avec Nos Richesses, à travers ce roman aussi captivant.

 

MAÏMAÏ de Aki SHIMAZAKI, Canada/Japon (Leméac/Actes Sud, 172 pages) 

La séduisante Mitsuko, propriétaire appréciée de la librairie Kitó, meurt subitement. Elle laisse orphelin son fils unique Taró, né d'un père espagnol qu'il n'a pas connu car décédé prématurément selon les dires de Mitsuko. Ce beau jeune homme, peintre de talent qui exerce aussi le métier de mannequin, présente surtout la caractéristique d'être sourd-muet. Taró décide de transformer la librairie en atelier et galerie et de se consacrer désormais exclusivement à son art. Sa grand-mère, très âgée, pour qui il éprouve une vive affection, continuera de demeurer avec lui. Soudain, il reçoit la visite surprise d'Hanako, une jeune femme venue lui présenter ses condoléances. Celle-ci n'est autre que la fille d'une femme de diplomate qui fréquentait la librairie, vingt ans plus tôt, jusqu'à la nomination de son mari à l'étranger. La dame était toujours accompagnée de sa gamine et les deux enfants jouaient gaiement ensemble malgré le handicap du garçon. Les retrouvailles éveillent entre les jeunes gens plus que des souvenirs mais un véritable sentiment amoureux. Hanako doit maintenant présenter Taró à ses parents. Tandis que son père accepte volontiers le prétendant, malgré la différence des statuts sociaux, sa mère exprime une vive opposition qui s'explique mal car elle avait toujours manifesté de la tendresse pour le petit de la libraire. Des vérités vont être révélées auxquelles Taró, le narrateur, était loin de s'attendre. 

Les lecteurs réguliers d'Aki Shimazaki dont les courts romans, axés sur un personnage, s'enchaînent régulièrement, auront compris la situation depuis le début du livre mais la magie de celui-ci réside particulièrement dans le fait que, même ainsi avertis, ils ne peuvent que se prendre au bonheur de la lecture et être curieux de connaître le dénouement. Ceux qui ne connaissent pas les précédents ouvrages éprouveront le plaisir de la découverte.

Aki Shimazaki, déjà lauréate de notre Prix et souvent présente dans nos sélections, possède un talent rare pour faire vivre ses récits de manière prenante. Ils sont toujours imprégnés de cette culture japonaise dont l'écrivaine demeure détentrice et qu'elle sait mettre en valeur. Maïmaï , selon l'éditeur, mettrait fin à une série. On a peine à le croire, tant l'issue laisse place à des prolongements. 

 

À bientôt !

 

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Chantal Dehaye | Réponse 28.06.2020 09.29

Je vote pour Ame Brisée.
Amicalement

L'ALGUE D'OR 02.07.2020 00.27

Merci beaucoup. Votre coup de cœur est enregistré.

Gilles Santier | Réponse 22.06.2020 19.10

2 coups de coeur le 11er pour MAÎMAÏ d'Aki Shimazaki et l'autre pour LA SYMPHONIE DU NOUVEAU MONDE de Lenka Hornakova-Civade

L'ALGUE D'OR 23.06.2020 00.22

Merci. Vos coups de coeur sont enregistrés

Helene D estais | Réponse 23.05.2020 17.02

Je vote pour l'excellent livre d'Akira Mizubayashi "âme brisée "

L'ALGUE D'OR 24.05.2020 16.39

Merci. Votre coup de coeur est enregistré.

Marc HAKIM | Réponse 13.04.2020 16.20

Bonjour,

Le coup de cœur est pour LE DERNIER SYRIEN d'Omar Youssef.

Cordialement,
Marc

L'ALGUE D'OR 13.04.2020 23.07

Merci pour votre coup de coeur qui est enregistré !

Gwenola du Plessix | Réponse 12.06.2019 21.42

belle découverte avec TAQAWAN d'Eric Plamondon : belle construction, roman hybride qui garde une belle cohérence !

L'ALGUE D'OR 13.06.2019 01.04

Merci pour votre coup de coeur qui est enregistré;

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Commentaires

02.07 | 00:27

Merci beaucoup. Votre coup de cœur est enregistré.

...
28.06 | 09:29

Je vote pour Ame Brisée.
Amicalement

...
23.06 | 00:22

Merci. Vos coups de coeur sont enregistrés

...
22.06 | 19:10

2 coups de coeur le 11er pour MAÎMAÏ d'Aki Shimazaki et l'autre pour LA SYMPHONIE DU NOUVEAU MONDE de Lenka Hornakova-Civade

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